Vendanges brumeuses en Médoc

Il est une chose de déguster un bon vin dans un beau château ou autour d’une bonne table. Il en est une autre d’aller ramasser ses grappes le matin par temps capricieux. C’est ce récit que je vais vous narrer aujourd’hui.

De bon matin je prends ma voiture pour me rendre à Listrac-Médoc. Je me suis toujours dit que ces ouvriers agricoles venus prêter main forte des quatre coins de France ont du courage mais aussi des personnalités bien marquées. J’ai le temps de remuer ces pensées en route, entouré par la brume épaisse. Je circule lentement et arrivé en Médoc l’effet du brouillard est saisissant. Une atmosphère étrange et mystique enveloppe les rangs de vignes… La directrice technique du Château « Fourcas Hosten » m’accueille et m’accompagne ensuite sur la parcelle sur laquelle les courageux travailleurs s’affairent déjà. Nous allons vendanger du cabernet sauvignon.

vendanges à Listrac-Médoc

Une technique bien rodée

Il y a deux rôles bien distincts dans les rangs : ceux qui récoltent les grappes munis de sécateurs et de gants et puis  ceux qui récupèrent le raisin grâce à une grande hotte de plastique placée dans leur dos. Le balai des porteurs ramenant leur précieuse cargaison est incessant. De leur côté les vignerons supervisent l’opération et répartissent les équipes. Xavier le maître de culture, discute avec moi et m’apporte ses précieuses connaissances sur les récoltes et le travail de la vigne ; ce qu’est le mildiou, l’importance de la météo mais surtout son avis sur la récolte de cette année !

Au boulot !!

C’est bien beau de parler mais il est maintenant temps pour moi de travailler un peu ! Je demande sa hotte à un jeune médocain qui me montre son rang. J’emprunte cette voie et vais récupérer les paniers qui se remplissent rapidement. Au bout de 5 ou 6 je sens déjà bien le poids, j’ai l’impression que ça déborde mais il reste pourtant de la place. Avec plus de 40 kg sur les épaules je remonte jusqu’au tracteur, grimpe sur un petit escabeau et déverse tout le contenu de ma hotte.

Le temps passe rapidement, l’ambiance est bonne, j’entends chanter l’accent espagnol de certain de mes camarades. Ils m’expliquent être satisfaits de travailler dans ces vignes destinées à la production de vin bio. Nous pouvons toucher le raisin, le cueillir et le manger sans trop réfléchir.
La parcelle est finie, il est déjà l’heure de manger et pour moi de repartir, je leur souhaite à tous un bon courage et de faire un bon vin. L’espace d’une demi-journée je me suis senti revigoré et imprégné d’un terroir. Je comprends désormais mieux l’importance des hommes dans la fabrication d’un bon vin et je l’apprécie d’autant plus…

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